JUIN 2002

Les banques rurales : les pauvres ne sont pas sans ressources


 Participantes au programme de l'IPEAA dans le nord
 du Sénégal, montrant leur livret de banque .

Dans de nombreuses communautés rurales d’Afrique, il n’y a pas d’institutions bancaires, particulièrement pas pour les pauvres. L’épargne locale reste improductive tandis que beaucoup de gens se voient forcés d’emprunter à des usuriers à des taux exorbitants : tous leurs bénéfices servent à rembourser ces usuriers et ils se retrouvent pris au piège d’une lutte quotidienne pour survivre. En Afrique, étant donné que ce sont les femmes qui effectuent la majorité des travaux agricoles, l’absence de crédit en milieu rural est également une question qui relève de la problématique hommes-femmes.

C’est là que le Hunger Project intervient. Une composante essentielle de notre stratégie en Afrique consiste à donner accès au crédit et à la formation en tant que moyen de création de revenus et de richesse en milieu rural aux femmes tout comme aux hommes. Le Hunger Project permet aux gens, tout particulièrement aux agricultrices, de mobiliser leur épargne, fournit des micro-prêts et dispense une formation en matière d’alphabétisation, de santé et de gestion des affaires.

L’approche du Hunger Project diffère de celle des institutions de microcrédit traditionnelles qui se concentrent sur les prêts commerciaux à remboursement rapide et à haute rentabilité. Le programme de crédit du Hunger Project octroie principalement des prêts agricoles, beaucoup plus risqués et qui ne sont remboursés qu’à la fin de la saison agricole.

La stratégie du Hunger Project dans les domaines des banques rurales apporte aux Africaines et aux Africains les instruments dont ils ont besoin pour produire davantage de nourriture et pour dégager des revenus supérieurs, ce qui leur assure la sécurité alimentaire tout au long de l’année et leur donne les ressources nécessaires pour accéder à l’éducation, aux soins de santé et à des conditions de vie améliorées.

L’IPEAA : pour l’autonomisation économique des femmes rurales

L’Initiative pour la Promotion économique de l’Agricultrice africaine (IPEAA) est un programme de crédit, de formation et d’autonomisation des femmes rurales qui vise à appuyer leurs activités agricoles et leurs autres activités génératrices de revenus. L’IPEAA est active dans les six pays d’Afrique où le Hunger Project intervient (Bénin, Burkina Faso, Ghana, Sénégal, Malawi et Ouganda) ainsi qu’au Mozambique.


  Les participantes de l'IPEAA de Dagana (Sénégal) ont formé un
  groupe
d'alphabétisation.
"Obscurité et ignorance, disparaissez ! Merci au Hunger Project d'être venu dans la région du Walo apporter son appui au courage, aux capa-cités et aux initiatives responsables des femmes pour la population."

 


  Dans la région de Zomba, au Malawi, une participante de
  l'IPEAA montre son grenier et son poulailler construits grâce
  au programme de micro-crédit.

 Des Sénégalaises produisent
 et vendent du yoghourt grâce
 aux prêts accordés par
 l'IPEAA.

Les banque des épicentres : l’accession à l’économie générale


  La banque de micro-crédit du Hunger Project au
  sous-épicentre de Dealy (Sénégal).

L’accès de la population aux services des banques rurales est un élément critique de notre stratégie en Afrique. Outre l’IPEAA, tous les épicentres du Hunger Project éta-blissent une banque de village gérée par un comité composé de membres de la population locale.

L’un des grands objectifs visés est de parvenir à ce que ces banques mobilisent

l’épargne et établissent des fonds auto-renouvelables suffisants pour acquérir l’expérience nécessaire, de manière à ce qu’elles soient reconnues par les autorités gouvernementales en tant qu’institutions bancaires officielles, ce qui permet aux villageois d’accéder à l’économie générale. Une fois homologuées, les banques des épicentres sont autorisées à recevoir des dépôts, des dons et des prêts de toute personne physique ou de toute organisation gouvernementale ou internationale. Elles deviennent ainsi des institutions financières indépendantes relevant du contrôle du ministère des finances.

Cet objectif a déjà été atteint. Dans deux épicentres du Sénégal et deux du Burkina Faso, les banques établies par les villageois ont été agréées par les instances gouvernementales en tant qu’établissements financiers officiels, devant ainsi des institutions du système bancaire national. Le même processus d’homologation s’appliquera aux banques des épicentres du Bénin, du Ghana, du Malawi, de l’Ouganda et du Mozambique.


THP Page d'accueil